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Vous pouvez aussi visiter la page personnelle de Steve au www.chauvettestevedysphasie.com
Par Steve Chauvette, dysphasique. (2007)
Steve Chauvette est un jeune adulte dysphasique qui a témoigné de son cheminement dans le cadre du Colloque Grandir en réadaptation : une perspective nationale / Montréal 18-10-2007. Panel sur les déterminants à la réussite d’un projet de vie.
Bonjour ! Je m’appelle Steve Chauvette et j’ai 24 ans. J’ai un trouble de langage appelé « dysphasie » et j’ai aussi un problème d’apprentissage qu’on appelle « dyslexie ». Quand j’ai commencé l’école à 4 ans, j’avais beaucoup de difficultés à m’exprimer et à me faire comprendre des autres mais ma compréhension du langage était adéquate. Ce problème de langage a entraîné des difficultés à me faire accepter des élèves qui m’entouraient dans le secteur régulier. Cela m’a aussi occasionné des difficultés d’apprentissages scolaires, principalement en français. Aujourd’hui, j’ai encore certaines difficultés à m’exprimer mais je peux communiquer oralement et par écrit. Sur le plan scolaire, je n’ai pu obtenir mon diplôme du secondaire car j’avais beaucoup de difficultés à apprendre l’anglais. De 1987 à 1992, j’ai été suivi au CAM (le Centre Amis des Mots, anciennement le Centre audimuets). Ce centre est situé à l’école Charlevoix et il est rattaché au Centre de réadaptation Marie Enfant. Au CAM, j’ai reçu des services d’une équipe de professionnels qui était sur place à l’école. Après le CAM et une classe spéciale de 2e année, j’ai intégré le secteur régulier avec un service d’orthopédagogie. Les services d’orthophonie se sont poursuivis jusqu’en secondaire 1, mais beaucoup moins intensivement qu’au CAM. J’ai été très solitaire jusqu’à l8 ans. À l’école, je préférais tenter de m’en sortir par moi-même plutôt que de demander de l’aide. J’avais besoin de me prouver que j’étais capable. Aujourd’hui, j’ai une vie comme la plupart des gens. Je vis en appartement, j’ai une vie amoureuse et je travaille. Plus tard, j’aimerais avoir des enfants et une maison. Comme je n’ai pu obtenir mon diplôme du secondaire, j’ai dû changer mon orientation concernant le travail. Je voulais être soudeur-monteur pour travailler chez Bombardier. Je travaille maintenant comme assistant-huissier. C’est grâce à un ami de la famille « Ben », qui est huissier, que j’ai pu obtenir cet emploi. Cet homme me connaît depuis ma naissance et il m’a toujours donné de bons conseils. De plus, j’aime aussi l’informatique et j’ai un oncle « Ghislain » qui m’a beaucoup aidé. Il m’a transmis des connaissances et cela m’a permis de développer une petite entreprise de soutien en informatique (je fais des mises à jour de système d’exploitation et je fais des installations). Je suis plutôt sportif. Je joue au baseball et je fais du patin à roues alignées. Parmi les sports, je préfère le hockey et je joue 2 fois par semaine. C’est mon ami « Claude » qui m’a poussé à devenir un bon gardien de but. À 14 ans, il me faisait pratiquer plusieurs jours semaine pour que je m’améliore. J’ai différentes activités de loisir. J’aime bien cuisiner. J’ai développé ce goût depuis mon cours de formation personnelle et sociale au secondaire. Je trouve des recettes sur Internet et j’aime bien essayer toutes sortes de choses. J’aime voir des films au cinéma et à la télé. Je regarde aussi des documentaires et les nouvelles. J’aime bien la lecture. Je lis différents types de livres parce que cela m’aide à me développer. Je m’amuse avec l’ordinateur et je trouve toutes sortes d’informations sur Internet. Mes parents m’ont bien soutenu. Ma mère me faisait faire des exercices tous les jours pour améliorer ma prononciation, mon vocabulaire et la structure de mes phrases. Elle m’aidait pour mes devoirs en français. Mon père m’a poussé à prendre des responsabilités très jeune. À 8 ans, j’ai commencé à faire des travaux de déneigement et d’aménagement paysager avec mon père. Par la suite, j’ai toujours trouvé des petits emplois ou « jobbine ». Le fait d’aller au CAM au début de ma vie scolaire m’a bien aidé. J’ai reçu beaucoup de services sur place à l’école et j’ai bénéficié d’un transport spécial payé par la CECM. Les intervenants en réadaptation m’ont beaucoup aidé à me développer et avoir confiance en moi. Plus tard, ils m’ont poussé à poursuivre mes études. Lorsque j’avais 16 ans, j’ai reçu l’aide de la Coopérative jeunesse du travail du Plateau Mont-Royal. Avec cette coopérative, j’ai appris à faire mon CV. J’ai suivi un cours de peintre. J’ai appris à me débrouiller en faisant toutes sortes de travaux (ex. : ménage, enlever des graffitis, livraison de courrier, distribution de circulaires). J’ai aussi développé mon sens des responsabilités. J’ai effectué différents travaux. Finalement, j’ai été trésorier de cette coopérative. Plusieurs éléments ont été importants pour moi. J’ai obtenu beaucoup de soutien de ma famille. J’ai reçu l’aide de ma mère avec tous les exercices qu’elle me faisait faire régulièrement à la maison pour améliorer ma prononciation. Mes parents, mes grands-parents et mes oncles m’ont toujours poussé à me réaliser. Ils ont toujours eu confiance et cru à mes rêves. Ma famille m’a toujours accepté comme je suis. Le sport a été important pour moi. Il m’a fait découvrir une autre facette de moi-même. J’ai du succès au hockey et cela me rend fier de moi. De plus, le sport m’a permis de développer des relations interpersonnelles avec des adultes et j’ai pu me faire des amis. À l’école, je préférais tenter de m’en sortir par moi-même plutôt que de demander de l’aide. J’avais besoin de me prouver que j’étais capable. Ma détermination et ma persévérance m’ont sûrement aidé. Une orthophoniste, Lyne Jaouen, m’a aussi beaucoup aidé pour mon orientation scolaire à la fin du primaire. Elle m’a poussé à poursuivre mes études. Il y a des éléments qui auraient pu me faciliter la vie. Par exemple : J’ai beaucoup aimé le rythme d’apprentissage que j’ai connu au secteur des adultes. Je me sentais bien et accepté des autres. Je pouvais aller voir le prof au besoin. J’aurais apprécié avoir ce type d’enseignement tout au cours de mon secondaire de même que des services de réadaptation. Pendant que j’étais au secondaire, l’acceptation des jeunes de mon âge m’aurait aidé à réaliser diverses activités avec eux. Peut-être que pour améliorer la situation, il faudrait informer les jeunes sur la problématique de la « dysphasie » pour qu’ils sachent ce que c’est et qu’ils réagissent mieux face à ce problème.
Steve Chauvette. |


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