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À propos de Vincent Par Diane Melnitzky, mère de Vincent. (2002) Quand je relis cette lettre que j’avais envoyée au journal La presse en 1994, il me semble que cela fait des siècles. En septembre prochain, Vincent débutera son secondaire et ce grand garçon est devenu un bel adolescent heureux et persévérant. Depuis sa pré-maternelle au centre des audimuets à l’école Charlevoix, il s’en est passé des choses. Je tiens à remercier les gens qui l’on reçu pendant deux ans au CAM, surtout Lucie, et qui nous ont encouragés à l’intégrer dans notre école de quartier. Et oui, c’est possible ! C’est évident que s’il n’avait pas autant progressé, il serait probablement aujourd’hui dans une ressource spécialisée, mais nous, comme parents, en serions tout aussi fiers. Je veux remercier chaleureusement le personnel de l’école Hébert qui, dès son intégration partielle et complète en maternelle, a su l’écouter et mettre des interventions en place afin de l’aider à cheminer et même progresser, au point où il va graduer et intégrer le secondaire au régulier. Merci à Francine Landry, enseignante à la maternelle, pour ses précieux conseils et son dévouement auprès de Vincent. Je tiens à remercier les enseignants(es) qui l’ont épaulé et qui étaient à notre écoute de la première à la sixième année : Suzanne Salvas, Ginette Béliveau, Sonia Munger, Claire, Antonine, Robert Paquette, ainsi que les directeurs de l’école Hébert, M. Martel et M. Gadbois, sans oublier les secrétaires Denise et Johanne. Aussi les orthophonistes et orthopédagogues que Vincent voyait de façon ponctuelle. J’ai encore le souvenir de voir Vincent gravir les escaliers de l’autobus scolaire quand, pour la première fois, il se rendait à l’école avec sa sœur et son frère. Je dois dire que les trois ne portaient pas à terre cette journée là. Merci à toi Catherine et toi aussi Philippe, vous avez été des amis, des éducateurs et des « intégrateurs » pour votre frère. À vous, les parents, je vous dis qu’il ne faut pas perdre espoir et surtout faire confiance à votre jeune. Parfois on pense qu’ils sont trop vulnérables ou bien trop fragiles. Leur épanouissement est souvent atteint quand on sait lâcher prise pour leur permettre d’avancer à leur façon. Diane Melnitzky-Lamarche.
Témoignage que le journal «La Presse» a fait paraître le 2 septembre 1994, dans la section « La boîte aux lettres ». L’histoire d’un petit garçon devenu grand ¡ Pendant deux ans, Vincent fréquentait la garderie Caroline, à Laval. Cela peut sembler banal, mais dans le cas de notre fils, cela a fait toute la différence. Vincent est atteint d’audimutité ou d’aphasie congénitale; ce désordre neurologique affecte sa compréhension et son expression (langage), sans toutefois diminuer son intelligence. Des enfants comme Vincent ont besoin de différentes sortes de thérapies, soit en orthophonie ou en ergothérapie, et de beaucoup d’activités de socialisation. Après le diagnostic, on nous a parlé d’une liste d’attente, tout en nous recommandant de l’inscrire en garderie, étant donné le manque de ressources. Vincent avait de gros troubles de comportement. Nous étions essoufflés et peinés. Qu’est-ce qu’une garderie pouvait lui apporter ? Nous commencions à peine à décoder son comportement qui était en grande partie motivé par son désir de communiquer. Nous ne voulions pas qu’il perturbe d’autres petits de son âge. Que faire ? Avec déchirement, nous optons pour la garderie. Mais qui voudra d’un enfant hyperactif qui hurle et pleure constamment. Nous trouvons une garderie qui veut bien essayer. Lors de la rencontre avec l’éducatrice Andrée, nous lui faisons le portrait d’un petit enfant agité qui essaie désespérément de se faire entendre, même s’il n’y parvient pas. Nous ne cachons rien. Nous avons pensé lui avoir fait peur, mais Andrée relève le défi. En peu de temps, notre enfant n’est plus le même. Son comportement, son langage et sa compréhension s’améliorent. Cette progression le rend apte à commencer une thérapie en orthophonie, car il est plus attentif. Il est épanoui et heureux, et comme une éducatrice nous l’a fait remarquer: « Que c’est beau de le voir grandir ». (Merci Monique). Vincent a maintenant quitté la garderie pour l’école spécialisée. À cause de son handicap, il aura certainement besoin de support dans quelques domaines, mais à le regarder et à l’entendre, les obstacles semblent moins hauts. Un gros merci à Andrée et Suzie, ainsi qu’à toutes les éducatrices de la garderie Caroline. Un gros merci également aux petits amis de son groupe. Alex, Vanessa, Gabrielle, Catherine, Amélie et Marc ont été, à leur façon, de petits thérapeutes pour notre fils et l’ont aidé à faire un grand bout de chemin. Nous vous serons toujours reconnaissants. Diane Melnitzky-Lamarche. |


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